Le CEO a la parole

JUJU

Pauline : Bonjour Julien Cabot. Vous êtes actuellement CEO chez Blue DME.

 

Pauline : Présentez moi en quelques mots votre parcours.

 

Julien : J’ai passé une quinzaine d’années dans le monde du conseil, dont 10 dans les services financiers, à travailler sur des systèmes et des modèles de risques et de trading. A partir de 2012, je me suis concentré sur la transformation de l’utilisation de la data dans les directions marketing, notamment dans les secteurs des télécommunications, de la banque de détail et de l’assurance. J’ai participé au démarrage des sujets Big Data dans beaucoup de ces entreprises. J’ai créé Blue DME début 2015 dans la continuité, mais avec un projet industriel beaucoup plus clair et opérationnel.

 

Pauline : Qu’est-ce qui vous a donc poussé à créer cette entreprise?

 

Julien : Je suis parti de mon expérience des projets de Data Science, acquise sur le terrain. J’ai fait deux constats. Le premier est que la clé de la connaissance client ou de la maîtrise des risques dans une entreprise passait par  l’accès à la data. Cependant, cette donnée est complexe à obtenir, notamment lorsqu’elle était issue des partenaires, d’entités d’un même groupe voire encore pire de l’extérieur. En effet,  on découvre que très tardivement si cette data va nous aider dans les modèles de ciblage ou de prédiction que l’on cherche à établir. Le deuxième constat est qu’on attribue souvent une valeur patrimoniale à la data, sans vraiment savoir l’évaluer ou la coter. J’ai eu la chance de travailler sur ce sujet dans le passé. L’origine du projet Blue DME est donc de trouver à la fois une méthode et une approche industrielle qui permet de rechercher, trouver de la data et de lui attribuer une valeur économique, selon le niveau de contribution et de valeur de la donnée, avant l’échange des data sur un marché électronique. C’est un mélange subtil de finance de marché appliquée à la donnée, de data science, d’utilisation de la data au service du marketing et des risques pour les entreprises.

 

Pauline : Ce sont des problématiques véritablement très intéressantes.

 

Pauline : En quoi consiste votre fonction de CEO chez Blue DME ?

 

Julien : C’est une fonction très vaste, très particulière, surtout dans une start-up, comme Blue DME. Rires. En fait, l’essentiel de mon travail consiste à aligner les efforts et les forces de chacun pour faire en sorte que tout le monde aille dans la même direction. Concrètement, c’est un mélange de développement commercial, de marketing, de management sur les projets clients, de stratégie produit, de finance, de RH et de plein d’autres choses. Rires. Je sers à la fois de guide sur les orientations de chacun et de variable d’ajustement sur les fonctions transverses. Cela rend mon quotidien très riche dans les dimensions stratégique et opérationnel. Je crois que je suis un des rares CEO à coder pour mes clients, sur la plateforme ! Rires.

 

Pauline : Plus précisément, quelle est la journée typique de Julien Cabot ?

 

Julien : Rires. C’est une journée très remplie, à la fois à pitcher notre offre, à conseiller nos clients, à travailler sur des fonctionnalités du produit et à assurer le bon fonctionnement de l’entreprise. Il n’existe pas vraiment de journée-type. Elles sont très souvent morcelées sur l’ensemble de ces activités pour que tout avance dans la bonne direction.

 

Pauline : Comment gérez-vous vos équipes au quotidien?

 

Julien : Je m’appuie beaucoup sur deux de mes directeurs : Nicolas sur la data, le marketing et le pilotage de projet et Mathieu qui est le directeur technique de Blue DME sur l’ingénierie et le produit. J’ai une activité opérationnelle à la fois auprès d’eux mais aussi au cours des projets sur lesquels j’interviens. C’est une des particularités des start-ups B2B : la création d’une plateforme se met en place en prenant en compte le feedback de nos clients, en étant sur le terrain. Je travaille avec tous les membres de la société sur les différents types de projets (opérationnel, développement, marketing, commerciaux…). J’essaie d’apporter mon expérience et la vision de Blue DME sur chacun de ces sujets.

 

Pauline : Selon vous, qu’est-ce qui fait de vous un bon CEO ?

 

Julien : Oula ! Rires. Je ne sais pas si je suis un bon CEO mais en tout cas j’essaie d’être le meilleur CEO possible. Mon rôle est de réussir à prendre les bonnes décisions afin de porter à bout le projet, à la fois dans ses dimensions de long et court terme. Un bon leader, selon moi, sait voir loin mais aussi traiter les sujets au jour le jour. Il doit tenter de permettre à chacun de s’exprimer sur ses tâches et ses fonctions, de donner la liberté aux gens d’essayer mais aussi de commettre des erreurs. Je fais en sorte d’être suffisamment présent pour pouvoir recadrer les choses afin que les projets avancent et que tout le monde progresse. Créer une société c’est également faire grandir une équipe : j’essaie donc de faire cela un peu tous les jours.

 

Pauline : 2016, pour vous ? Quelles sont les prochaines étapes chez Blue DME ? Que vous réserve cette année?

 

Julien : C’est une année charnière pour Blue DME. On a passé une année 2015 assez riche à construire la société, le produit, la vision, notre positionnement, obtenir nos premiers succès clients et à vivre des changements en termes d’offre et d’organisation de la société. L’année 2016 est une année de confirmation, c’est-à-dire que cette vision doit se déployer beaucoup plus largement au travers des projets clients,  que nous devons atteindre un équilibre économique sur les activités de recherche et développement et avoir une équipe plus autonome. 2016 fera de Blue DME une société qui sait passer à l’échelle et accélérer fortement son développement.

 

Pauline : Quels sont les conseils que vous donneriez à des futurs entrepreneurs qui souhaitent créer leurs starts-ups?

 

Julien : Rires. C’est une expérience extrêmement riche sur tous les plans. On trouve toujours beaucoup de raisons pour ne pas se lancer. En réalité, il faut réussir à franchir ce premier pas. Le premier défi est de vaincre ses craintes et ses a priori. Le deuxième défi consiste à  réussir à manager le court et le long terme : On peut avoir de très bonnes idées sur le papier mais elles ne résistent que peu au feedback des clients. La force d’une start-up réside davantage dans sa capacité à se réinventer, à repenser son offre à vitesse grand V. La super bonne idée n’existe pas vraiment : c’est surtout la capacité d’exécution qui prédomine. Il faut faire le tri entre la vision théorique d’une entreprise, celle dont on rêve et la réalité quotidienne. Il faut réussir à prendre des décisions à la fois pragmatiques et qui avancent dans la bonne direction, disposer d’un regard sur le très court terme et d’une ligne directrice. Je pense enfin qu’il n’y a pas d’âge pour créer une activité donc mes conseils ne s’adressent pas uniquement aux générations futures. En tout cas, on en ressort beaucoup plus fort et grandi.

 

Merci beaucoup Pauline.

 

Pauline : Merci beaucoup Julien Cabot pour cet agréable moment passé en votre compagnie.

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